Hier l’étape s’est bien terminée, la spéciale a été annulée à cause de coulées de boues sur les routes (quand on vous dit qu’il pleut on rigole pas)

On a récupéré notre pilote trempé et fatigué mais avec le moral. On a passé une bonne partie de la soirée à essayer de sécher casque bottes et gants car ce matin le départ était à 05H32

Hier arrivés sur le paddock on a raconté notre chute à des voisins (qu’on connaissait pas) en disant qu’on avait changé le levier de frein (qui est un modèle TRIUMPH adapté sur BOLDORETTE) mais que du coup on n’en n’avait plus d’avance

Un quart d’heure plus tard un inconnu est venu frappé à la porte de MONIKA pour nous dire : c’est vous qui cherchez un levier de frein de TRIUMPH ?

Cinq minutes plus tard on avait la pièce avec un deal digne de la haute finance internationale : si on retombe pas d’ici TOULON (on ne sait jamais) on lui rend, sinon on lui paie.

C’est aussi (et peut être surtout) ça le moto tour une solidarité entre concurrents qui fait vivre le fameux esprit motard auquel nous sommes tellement attachés            

Quelle bande de veinards

Donc ce matin levé vers 05H00 pour une des plus grosses étapes de la course (ROUEN – NEVERS) on a fait plusieurs équipes :

Jean – Luc et moi dans son camion avec un rendez vous à 08H30 à MELLERAY (cherchez sur une carte c’est dans le PERCHE) pour un ravitaillement essence. Les routes sont si difficiles qu’on est arrivés juste à temps (cinq minutes avant notre pilote). On s’est installé au bord de la route et ce qui nous à fait plaisir c’est que les premiers concurrents qu’on a vu passer (et qu’on connaissait pas) nous ont fait des grands bonjours : il semble que le FLYING BREBI’Z atteigne enfin la notoriété qu’il mérite.

Aujourd’hui Bruno roule avec Noël (1000 KAWA Z – les vraies pas les bécanes de tafioles d’aujourd‘hui) et Christian (GUZZI LE MANS donc immense respect) ces deux gars sont des jeunes de nos ages, quand ils ont ôté leurs casques pendant qu’on les ravitaillait (bien sur on a filé de l’essence à tout le monde) j’ai vu leurs yeux brillants de fatigue, leurs traits tirés, leurs joues creusées. J’ai alors éprouvé le seul sentiment possible dans un moment pareil : de l’envie !

Laurence et Mireille dans notre voiture. Elles avaient un ravitaillement à 10H15 à LES HAYES (débrouillez vous pour la localisation) elles sont arrivées dans les temps et donc tout ce passe bien pour le pilote

Jean – Paul avec MONIKA qu’il a pour mission d’amener direct au bivouac de ce soir sur le circuit de MAGNY COURS

Mais me direz vous et MUMU dans tout ça ? Et bien il faut que je vous raconte ce qu’il lui est arrivé.

Dès les premiers jours de course on a rencontré Christian qui est un gars pas ordinaire. Il est monté au moto tour depuis MONTREJEAU (donc il est presque voisin de Jean – Paul et MUMU) avec sa camionnette et sa moto dedans (CB 500 avec lequel, paraît il, il envoie du lourd)

Bien sur tant qu’on était à REIMS pas de problème mais pour aller à VAL DE REUIL il avait donc sa moto et sa camionnette et une seule paire de main pour conduire tout ça !

Quand on lui a dit « mais comment tu fais ? » il a répondu « c’est pas la première fois que je fais ça, je vais bien trouver quelqu’un pour me descendre mon camion »

Et comme vous vous en doutez on pouvait pas passer à coté d’un fondu pareil, du coup Muriel suit MONIKA avec le camion de Christian

Bien sur cela n’améliore pas le bilan carbone de notre expédition (ça fait 5 véhicules pour 7 personnes -  désolés Anne Cécile c’est pour la bonne cause) mais au moins on reste dans l’esprit

Voila là on fonce (enfin presque) sur VIERZON, on se faisait la réflexion hier qu’on a pratiquement pas vu de motos tourner et qu’on a passé des heures à rouler et à attendre les ravitaillements Mais on se plaint pas, on n’est pas des spectateurs, on est un team, et ça n’a pas de prix